Thursday, May 3, 2007

in a manner of speaking*

[J’écris pas souvent en français. En fait, presque jamais. (Et non, c’est pas pour ça que j’ai manqué d’insérer une négation là, devant ‘écris’, mais plutôt pcq c’est de l’oral, du 'français vulgaire', vous suivez?... Bah.) J’ai grandi en lisant Baudelaire, Balzac, Voltaire, etcetera, et puis Prévert, Aragon et Gary (ah! mon royaume pour un Gary!), et tout ça m’intimide pour être honnête. De plus, je ne régis en français que lorsque je fusse (wow – subjectif* imparfait, ça fait longtemps que j’avais pas utilisé ça!) à l’école et ne peux ainsi m’empêcher d’adopter une prose plus corrigée, correcte, propre, qui fait un peu drôle à [re]lire maintenant quand je radote, mais j’adore et a toujours préféré le français. Il me semble qu’on peut chuchoter les choses les plus chiottes et ça me semblent** d’une sincérité agaçante. Et j’aime comment ça souffle à l’oreille....
Bon alors, me voilà donc, la verve de Hugo qui me vient aux doigts... On va bien voir ce que ça va donner.]


Malgré avoir toujours été cette fille un peu égoïstement honnête qui ne sait pas souvent quand il fallait*** se taire (quand je m’y mets en tout cas), ou qui se plait souvent à se considérer plutôt ouverte & directe, je suis du même coup jalousement renfermée. Eh oui! Dit celle avec un blogue, merde! Un blogue que de parfaits étrangers à travers le monde – aussi peu, en fait, et aimables soient-ils et soient-elles (quoique, entre vous et moi, chère deuxième personne du pluriel, vous pouviez tout aussi bien être des adeptes de Scientologie prêts à bondir sur mes moindres moments de faiblesse et m’en faire la prochaine recrue, non? Je connais tous vos trucs...)puissent lire! Des choses dont la plupart des personnes qui me sont les plus chères dans ma vie réelle ignorent même l’existence!... Des conneries radotées qui m’auraient poussée à me jeter du pont Jacques-Cartier si un regard distrait osait simplement s’y être posé!?... Que?! (ça, c’était de l'espagnol. Oui, je connais la langue de Goya également : Como estas? Mui, bien, y tu? Bien tambien, gracias; buenas noches, me llamo [vapidly vibrant], no se – voilà l’étendue de mon espagnol. Impressionnant, non?)

Le fait c’est que, je n’ai pas l’habitude de dévoiler quoi que ce soit à personne. Depuis que je suis toute jeune, j’avais su garder mes secrets, mes pensées, mes sentiments les plus profonds, les plus vrais, à moi-même. D’une manière qui m’échappe encore un peu, j’étais venue à les considérer comme mes cheveux de Samson, ou ma cheville d’Achille. Et tant et aussi longtemps que ces autres les ignoraient, que ces idées demeuraient entièrement et tout à fait miennes, alors, j’avais le dessus. Que personne ne me connaissait me donnait le 'pouvoir'. C’est d’une possessivité inquiétante, je sais. Mais, je me sentais en sécurité ainsi, bien touffue derrière tout ce moi que les autres ne voyaient pas, protégée comme par un châle invisible qui me permettait d’observer les gens sans qu’ils s’en aperçoivent.

J’étais bien. J’étais conne.

Parce qu’après toutes ces années à apprendre à vivre comme un tas de merde bien conservée dans un topperware qui essaie de se biodégrader, j’ai réalisé que ça ne marchait pas. Non mais, pas du tout. Tout comme cette métaphore d'ailleurs. Surtout parce que, personne ne sachant qui j'étais réellement, je me permettais d’être deux filles en même temps pour apaiser tout le monde et passer ainsi plus facilement sous le radar. Oh, que je suis futée, m’étais-je dite! Être à la fois docile, indépendante, pratique, rusée, tête forte (la fille de ma mère, quoi) et émotive, naïve, curieuse, frivole et un peu tête de linottes (parfois?), sans jamais que les premiers spectateurs ne connaissaient les derniers, j’étais libre comme un cameleon!

... Et puis, un jour, il y en avait une qui s’était mise à aimer... Et ça boulverse un peut tout, l’amour... Ça confond, ça brouille, ça salit, et ça s’en câlisse. Jusqu’à ce jour, j’ignore encore qui des deux avait commis cette faute. Peut-être étaient-ce les deux? Ou y avait-il une troisième? Peu importe, en fait... J’ai seulement réalisé que j’y arrivais plus, être toutes ces choses en même temps. C’était devenu un champ de bataille. Et il me fallait choisir un camp.

Oui, il faut choisir.

J’ai passé la plupart de ma jeunesse, sinon à lire, à écrire dans un journal. J’aimerais bien pouvoir dire que je le faisais dans un but introspectif cérébral et réfléchi afin de me discerner, mais j’aimais tout simplement l’idée d’avoir un livre dont j’étais réellement le héros (un peu comme dans ces romans Folio où il fallait lancer un dé et battre des vampires, seulement que j’ai dépassé ce stade, vous voyez. Egocentrique à fond, je vous dis...) En tout cas. À relire tous ces journaux, je me désolais à voir que je n’ai pas tant changé que ça [...depuis mes huit ans]. Je tournais en rond. Je ruminais. J’en avais marre, un peu honte même, et j’ai arrêté il y a quelques années. C’est seulement quand j’ai commncé ce blogue, initialement pour la même raison que j’ai commencé mes journaux – pure vanité –, que j’ai senti quelque chose de... différent. Tout léger. Indistinct, même. Ma thérapie m’a aidée à décoincer, certainement, mais taper des balivernes complètement insensées qui se déversent de ma tête sur des microbytes virtuels dont le fonctionnement m’échappe royalement m’est d’un étrange bénéfice.

C’est l’ouverture, je crois.
Il était un peu temps que je m’ouvre...

C'est que je m'aperçois que mes pensées arrivent à se libérer ici. Une liberté dont et envers laquelle je suis devenue responsable. Même si personne ne les lisait, même si on s’en fout à la fin, même s’il n’y a pas de destinations ou de destinataires précis (malgré les quelques Scientologistes potentiels pour qui j’ai une tendresse toute particulière...), ils**** s’envolent tout bonnement, dans ce vide virtuel, au lieu de pourrir dans ma tête, m’offrant ainsi un moment de répit et l’espace pour choisir, pour être qui je suis.

Et me voilà donc qui choisis.

Et qui l’écris.

Sur un blogue.

...Merde...





* Bonjour! English translation? As you wish.

Don't tell me you learn nothing interesting here.... *muffles uncontrollable laughter*


[EDIT: So, i just can't leave those errors there now that i know of them, not can i? CAN I?!... Goddamn you, Frenched Twelve-Year-Old!:
* subjonctif - hey honest mistake... ahem.
** semble - gah! kill me why don't you!?
*** faut - this doesn't really count. It makes sense in my head, k?
**** elles - so i have gender identification issues. It's no secret to anyone.]

13 comments:

Chris said...

Ouf!

On doit travailler dur ici...!

J'ai laisse quelque commentaires ici, et j'espere que je peux partager quelquechose qui est importante pour moi.

Me joindriez-vous dans l'eglise du Scientology?

Mon cerveau blesse, maintenant... ach!

Desole pour l'absence des accents, mon ordinateur est fabrique en Angleterre, je pense, et ne sais pas eux.

Oh yes, I forgot to comment on the actual subject matter... Hmmm... Not sure my French is up to discussing the way different parts of people's personality bubble up at different times. Also may have missed a crucial bit and misunderstood it... always a risk.

Blog(ue)s are a strange mix of public and private. Almost none of my "real life friends" know about my blog. I never really know why I don't tell them, I don't particularly use it to talk about them, but I just don't.

Anyway, will come back for another read when I am less tired, and might understand!

Au 'voir!

Oh, sorry for vousvoying you, I forget how to do things with tu sometimes! Or if you prefer vous then say. I will compare you to Mitterand though, you should be aware!

Steph said...

Huh?

Jay said...

Sorry, I can't respond in french, my keyboard is totally anglo.

Blogging is a weird thing - we put bits and pieces of ourselves out there, often for strangers to read, and reveal truths that we maybe wounld't tell our best friends.

Where else can I have the indelible picture of shit in a piece of tupperware from?

Rosanna said...

Bonjour, ça va Vapidly Vibrant?

PS: You have beautiful hand writing.

Boo said...

In my frustration, I had to put this into Babelfish, and what came back was amusante.

I second Rosanna. That is quite the hand you have there, lass.

Gorgondoza said...

First comment: you made at least 10 mistakes in your introductory paragraph (Hugo is rolling around in his grave as we speak)... and yes, I'm anal... that, we've agreed upon a loooong time ago :D

Gorgondoza said...

Second comment: as suspected, you made a gazillion other mistakes...

BUT, the end was very touching *giggles/sobs*

... *is confused as to how he pulled that off*

and "J'étais bien. J'étais conne."? PRICELESS!

ps: maybe if you had shown your mom your journals, that would have helped? kinda like in Clockwork Orange when they force him to watch those movies with Beethoven playing in the background... well, minus the Beethoven... you don't want to make your mum insane... well any more insane...

vapidly vibrant said...

Monsieur Chris, vousvoying or tutoying doesn't really matter really, as you wish. (although i do prefer 'tu' but wouldn't want you to feel like looking back in your French grammar books. Wouldn't want to impose that on anybody. Unless you're a 7-yr-old ungrateful brat. Or are you? *frowns à la Mitterrand*)

Steph, ¿que?

Jay, ah, i leave but the best parts of myself for you lovely folks!:D

Rosanna, je vais très bien, dahlingue, et toi?

Miss Boo, i had a great aunt who once read my handwriting, took a long look at me, and said i had an unstable chi. Wise vicious little woman, she was! (May you rest in peace, aunty -_-)

And thank you, Head Mistress Gorgon, for your keen observations.

*Claps. Claps. Claps.*

How would you like my corrections? On a sheet apart? Copied 10 times with explanations? On your stern wooden desk by 5pm? Are you going to whip my bum with your 30cm ruler? Once it's pulled out from your arse and sanitised to perfection? *looks up hopefully*

Gorgondoza said...

hmm... i haven't tried a ruler yet... note to self...

vapidly vibrant said...

*shocked & appalled*

n.b. oh, and i only counted THREE [uncalled] ERRORS, ESTI DE PÉDÉRASTE!

Now, please divert you eyes from me while i conver myself in utter shame... *cries*

Chris said...

Pederast?!

Um, I thought that meant... never mind.

vapidly vibrant said...

*whispers* Watch your back, Mister Chris! Literally. *jumps back into hiding*

Rosanna said...

Oui, ca va tres bien, merci!